Bien que sa libération soit théoriquement possible depuis 1999, ses précédentes demandes avaient été systématiquement rejetées. Une tentative en 2013 avait échoué en raison de l’absence d’un arrêté d’expulsion, les autorités françaises n’ayant pas trouvé de pays prêt à l’accueillir. Ce vendredi 15 novembre, la justice a finalement changé de position : le tribunal d’application des peines a accordé la onzième demande de libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah. Bien que le procureur national antiterroriste (PNAT) ait annoncé son intention de faire appel, cette décision marque un tournant dans l’histoire de l’un des plus anciens prisonniers politiques de France.

Un tribunal français a ordonné vendredi la libération de Georges Abdallah, le révolutionnaire libanais emprisonné en France, en détention depuis 40 ans.

Le tribunal a décidé qu’Abdallah, arrêté pour la première fois en 1984 et condamné en 1987, serait libéré le 6 décembre, à condition qu’il quitte la France.

Le parquet antiterroriste français a informé qu’il ferait appel de cette décision.

« Dans une décision datée de ce jour, le tribunal a accordé à Georges Ibrahim Abdallah une libération conditionnelle à compter du 6 décembre, sous réserve qu’il quitte le territoire français et qu’il n’y réapparaisse pas », ont déclaré les procureurs.

Au fil des ans, des députés de gauche et des organisations de défense des droits de l’homme, comme la Ligue des droits de l’homme (LDH) et même le chef des renseignements français, ont appelé à sa libération.

Le plus ancien prisonnier d’Europe

Abdallah, ancien membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), a déjà purgé 40 ans de prison, ce qui fait de lui le plus ancien prisonnier d’Europe.

Il a fondé le groupe des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), d’obédience marxiste-léniniste, qui a revendiqué quatre attentats en France dans les années 1980.

Le révolutionnaire libanais a été accusé d’avoir participé à l’assassinat de l’attaché militaire américain Charles Robert Ray et du diplomate israélien Yacov Barsimantov en 1982, et a été condamné sur la base de ces accusations.

Abdallah n’a jamais donné suite à la liste d’accusations et a estimé que la justice française sortait « de manière ignoble » l’action de la Résistance de son contexte.

Lors de son procès pour l’assassinat présumé des diplomates, Abdallah a été condamné à la perpétuité, une peine nettement plus sévère que les dix ans requis par les procureurs. Son avocat, Jacques Verges, a qualifié cette condamnation de « déclaration de guerre ».

Aujourd’hui âgé de 73 ans, Abdallah affirme qu’il est un « combattant » qui défend les droits des Palestiniens, et non un « criminel ». Il s’agit de sa onzième tentative de libération conditionnelle.

Il est devenu éligible à la libération conditionnelle en 1999, mais toutes les demandes précédentes ont été rejetées, sauf en 2013, lorsque sa libération a été conditionnée à son expulsion de France.

Cependant, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, a refusé d’appliquer cette décision, maintenant Abdallah en prison.

Article : https://reseauinternational.net/la-france-libere-georges-abdallah-apres-40-ans-de-detention/

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