Le Programme Nucléaire d’Israël : Rôle de la France

En 1953, Shimon Pérès, qui n’a pas 30 ans, est nommé vice-ministre de la Défense par le chef du gouvernement, David Ben Gourion. « Contre l’avis de tous ses conseillers », a-t-il lui-même raconté dans le film de l’Israélien Michael Karpin, La bombe à retardement. Dans sa feuille de route : le développement d’un programme nucléaire, lancé dès 1949. Objectif : empêcher la destruction du nouvel Etat par une stratégie de dissuasion, notamment vis-à-vis de ses voisins arabes.

« Des quatre pays qui avaient à l’époque une capacité nucléaire – les Etats-Unis, l’Union soviétique, la Grande-Bretagne et la France –, seule la France pouvait accepter de nous aider », selon des propos de Peres rapportés par le JDD. Les deux pays ont un ennemi commun : l’Egypte (la France pense alors que Le Caire, où gouverne Gamal Abdel Nasser, aide le FLN algérien) Israël se tourne vers Paris à qui l’Etat hébreu « propose une entraide mutuelle pour la mise au point de la bombe », rapporte Le Figaro.

Peres se rend à Paris alors qu’il ne parle pas français. Il est chargé de négocier des accords militaires. « Mais il noue également des relations avec des intellectuels, des écrivains, des artistes. Il se rapproche d’Yves Montand, d’André Malraux, écume les cafés du quartier latin et tombe amoureux de la culture française », raconte le JDD.

Peres « chez lui », au ministère de la Défense à Paris


Visiblement, le jeune vice-ministre sait très bien s’y prendre. L’un de ses principaux contacts est Georges Elgozy, conseiller économique du président du Conseil français, qui va lui ouvrir de nombreuses portes. « Dans les années 55-56-57, on disait à Paris que Shimon Peres pouvait passer la porte du ministre (français) de la Défense », affirme le journaliste Jean Lacouture dans le magazine de Michael Karpin. « Il avait son propre bureau au ministère. Il était chez lui », insiste son confrère Pierre Péan.

Dans le même temps, Shimon Peres noue une relation très étroite avec Guy Mollet, futur chef du gouvernement en 1956. « La nuit où il a été nommé Premier ministre, (ce dernier) m’a appelé à Tel Aviv et m’a dit : (…) Je tiendrai toutes les promesses que je vous ai faites », raconte l’Israélien dans le film cité ci-dessus. La même année, le premier va voir le second et lui demande que la France livre à Israël un réacteur et de l’uranium.

La coopération entre les deux parties, qui va permettre à l’Etat hébreu de se doter de la bombe, est renforcée après l’opération de Suez. « Paris envoie plusieurs centaines de techniciens, livre un réacteur nucléaire de 24 mégawatts et entame des travaux » à Dimona dans le désert du Neguev, rapporte Le Figaro.

Un peu d’Histoire

Commençons par la vie au XVI siècle

Quelle était la démographie de la Palestine sous le règne ottoman ?

Des statistiques peu fiables : L’Empire ottoman a régné sur le territoire palestinien de 1517 à 1917. Il est difficile d’estimer la population en “Palestine” ottomane pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il n’y avait pas de district administratif couvrant exactement la Palestine. Ensuite, de nombreux habitants évitaient le recensement turc pour échapper aux taxes, pour contourner la conscription militaire et pour esquiver les questionnements pour résidence illégale. Enfin, les données de recensement n’incluaient ni les Bédouins ni les étrangers. Ainsi, les sujets ottomans, qu’ils soient des soldats, des représentants officiels ou des marchands, n’étaient pas pris en compte dans les recensements.

Selon le recensement de 1871-1872, la population totale de la Palestine (excluant les Bédouins) aurait été de 381 954 habitants. Parmi ceux-ci, environ 85 % étaient musulmans (les Druzes étaient aussi comptés dans cette catégorie par les Ottomans), 11 % étaient Chrétiens et 4 % Juifs. Bien que ces chiffres restent des estimations, ils montrent l’existence d’une population palestinienne et, qui plus est, d’une population dynamique.

Le début de l’immigration Ashkenaze juive

L’immigration juive débuta en Palestine vers la fin du XIXe siècle. Les deux premières vagues amenèrent approximativement 55 000 à 70 000 Juifs entre 1882 et 1914, principalement des Russes et des Balkans qui fuyaient l’antisémitisme. Ces migrations, bien que significatives par rapport à la population totale de la Palestine, ne constituaient qu’une faible portion des mouvements migratoires transocéaniques juifs. À la veille de la Première Guerre mondiale, la communauté juive s’élevait à 80 000 membres, sur une population totale d’approximativement 738 000 individus.

Le mandat britannique

À la fin de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman fut disloqué et la Palestine placée sous mandat britannique par la Société des Nations. Cela signifie que le territoire était sous la tutelle administrative de la Grande-Bretagne. Le mandat britannique prit fin le 14 mai 1948, et ce fut le début des problèmes pour les Palestiniens…