Vous l’ignorez j’en suis persuadé, mais ces infirmiers-ères qui ont été « réintégré » dans leur fonction dans la plus grande indifférence, souffrent. Privés de leurs droits les plus élémentaires, dont celui au travail inscrit dans la Constitution, ils sont exsangues et criblés de dettes après 20 mois sans ressources ; pour manger ou nourrir leur famille certains ont dû vendre leurs meubles, leur voiture, leur maison, ils n’ont plus rien ! Comment se reconstruit-on au sortir d’une telle épreuve ? Cet été, pendant que la France était en vacances des personnels « réintégrés » se battaient pour leur survie, plus démunis que jamais, sans ressources, sans revenus. Mais pourquoi, puisqu’ils pouvaient reprendre le travail ? Parce que souvent le retour n’est plus possible. Ils espéraient une certaine reconnaissance de leur souffrance, ils ont rencontré l’indifférence, quand ce n’est pas l’hostilité.
À l’instar d’une victime dont on ne reconnaît pas le préjudice, ils ne peuvent même pas faire le deuil de ces 20 mois de bannissement. Psychologiquement affaiblis beaucoup craquent, ils sont déclarés en incapacité d’exercer par la médecine du travail et se retrouvent en arrêt maladie après quelques jours. Mais la surprise qui les attend, c’est la double peine. N’ayant pas cotisé pendant plus d’un an, ils n’ont droit à aucune indemnité, et leur contrat de travail étant rétabli ils ne peuvent bénéficier d’aucune aide.
Pour d’autres « réintégrés », c’est l’établissement qui ferme pour un mois d’été. Même punition, ils n’ont cumulé aucun droit à congé pendant la suspension, ils se retrouvent sans ressources, mais étant titulaire d’un contrat de travail ils n’ont même pas droit au RSA.
Le pire malgré tout c’est le harcèlement plus ou moins affiché/assumé qui les attend. Poste supprimé, reclassement à un poste inadapté, ou géographiquement éloigné, brimades diverses, acharnement de petits chefs revanchards, licenciement abusif, etc, la liste n’est pas exhaustive. Voilà le lot de ces personnels (et il n’y a pas que des soignants) que l’on achève à l’occasion de leur réintégration.
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